Notre histoire

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, la crise sévit. Le peu de logements disponibles est régulièrement insalubre. Fort de ce constat, le Bourgmestre de Saint-Servais, Gabriel Hicguet, adresse une lettre fondatrice à la Société Nationale des Habitations et Logements bon marché, l’ancêtre de la Société Wallonne du Logement. Nous sommes alors le 2 mars 1923.

Quelques mois plus tard, le 14 juin 1923, la Société Coopérative « La Joie du Foyer » est constituée à l’initiative du Docteur Victor Cornet, avec l’appui d’industriels locaux, de quelques particuliers. Elle a pour objet la construction, la vente ou la location de logements sociaux; des missions qui ne diffèrent guère de celles d’aujourd’hui.

Le premier Président de cette toute jeune société de logements est le Docteur Victor Cornet. Les réunions se déroulent dans le bâtiment de l’ancien Hôtel de Ville de Saint-Servais, situé route de Gembloux.

La société élabore alors un premier programme de construction de 36 maisons, disposant chacune de six pièces et d’un jardin. Réalisées en 1927, elles sont visibles aujourd’hui. Elles sont louées à des conditions très avantageuses à de nombreuses familles. Ces maisons réunies en village et bien agencées répondent déjà au souci d’intégrer l’habitat public dans un environnement convivial, une philosophie toujours d’actualité.

L’avant-guerre et l’après-guerre

Pierre Hicguet

Pierre Hicguet, notaire à Saint-Servais, reprend la présidence de la Joie du Foyer à la mort du Docteur Cornet.

A la mort du Docteur Victor Cornet, en 1937, c’est le notaire Pierre Hicguet qui reprend la présidence de la Joie du Foyer. Ce changement coïncide avec l’accentuation de la crise économique d’avant-guerre. Les années 40-45 ne sont pas évidentes pour la société mais, dès la fin de l’Occupation, les activités reprennent de plus belle. Le Président s’assigne pour tâche prioritaire la reconstruction, la rénovation et l’assainissement des immeubles détruites ou négligés durant la guerre.

Mais la crise du logement persiste et prend de l’ampleur; l’extension des cités sociales s’impose.

La percée du Nouveau Chemin de Saint-Marc amène de nouvelles perspectives de développement. En 1950, 43 maisons unifamiliales de différents types y sont construites. L’extension du patrimoine de la Joie du Foyer passe également par l’acquisition de terrains sur la commune de Saint-Servais mais également sur les communes de Vedrin, Spy, Malonne et Saint-Marc.

Les années 50 voient la démocratisation de nouvelles techniques de construction, comme la préfabrication ou l’ascenseur. Les coûts de construction diminuent et l’installation d’ascenseurs permet de construire en hauteur. La pose de la première pierre de la cité Floréal constitue, à ce sujet, un petit événement, à l’époque : l’immeuble érigé est le premier sur plusieurs niveaux à Saint-Servais. Une véritable curiosité pour l’époque ! Parallèlement à ces nouvelles techniques, les logements subissent également de profondes évolutions : ils sont plus confortables et de mieux en mieux adaptés à la composition des ménages. Sur 10 ans (entre 1955 et 1968), 384 nouveaux logements sortiront de terre. Soit 30 par an !

Octave Henry et Louis Namêche, les bâtisseurs

Octave Henry

Octave Henry, bourgmestre de Saint-Servais, aura sans conteste marqué l’histoire de la Joie du Foyer.

En 1968, Octave Henry, le Bourgmestre de Saint-Servais est nommé Président. Et il ne vient pas seul puisque Louis Namêche, Ministre de la Santé de l’époque et proche d’Octave Henry, l’accompagne. L’arrivée de ce duo constituera un virage marquant dans l’histoire de la Joie du Foyer.

Dès 1970, le patrimoine s’accroît encore. Chancre depuis des années, la Cour Pirlot devient la cité Germinal, l’un des quartiers les plus modernes de Saint-Servais. Trois buildings y sont érigés, comprenant au total 180 logements confortables et modernes. Vous le constaterez en vous promenant dans le quartier, les immeubles sont construits en parallèle mais décalés les uns par rapport aux autres. Une idée brillante qui permet en fait de garantir une orientation optimale par rapport au soleil pour chaque immeuble.

Un an plus tard, en 1971, le Président s’attaque au plateau d’Hastedon, acquis dans les années 60. Les deux premières résidences à y voir le jour seront Hortensia et Primevère, soit 273 appartement sur un projets qui en comporte près de 500. Le plateau étant excentré par rapport au centre de Saint-Servais, des commerces y sont prévus.

En 1975, la cité Germinal se complète avec la sortie de terre de la résidence Camélia.

La Joie du Foyer n’en oublie pas la construction de maisons unifamiliales. Le quartier du Curnolo, sur les hauteurs de Malonne, est urbanisé en 1977 avec 25 maisons. La commune de Spy n’est pas en reste avec 214 maisons construites en 1979 dans la rue des Pervenches.

En 1980, Louis Namêche succède à son ami de toujours à la tête de la société. Ancien Ministre, premier Bourgmestre du grand Namur, il se consacre depuis toujours à résoudre les problèmes sociaux de ses contemporains. C’est lui qui inaugure les 94 appartement de la résidence Gardénia, en 1981. Un projet initié par Octave Henry qui ne le verra pourtant jamais naître puisqu’il décède entretemps.

Les années 80 sont financièrement plus délicates que la décennies précédentes. Malgré ce constat, la Joie du Foyer continuera à agrandir son patrimoine de plusieurs dizaines de logements.

Adaptation et modernité

Bernard Anselme

Bernard Anselme, un président humain et visionnaire, qui a transformé le visage de la Joie du Foyer.

En 1990, une autre figure emblématique namuroise prend les commandes de la société, Bernard Anselme. Ancien Secrétaire d’Etat à la Région Wallonne, notamment en charge du Logement et des Affaires sociales, il a depuis longtemps pris la mesure de l’enjeu du logement social. Ses décisions réglementaires sont encore sensibles aujourd’hui : établissement d’une nouvelle solidarité entre les locataires selon leurs revenus, limitation des charges locatives, intégration des familles nombreuses et des personnes handicapées, stimulation de la politique du logement social, etc.

Il entamera sa présidence sous le signe de la continuité, notamment dans la poursuite de l’entretien et de la modernisation du patrimoine. En parallèle, la priorité sera de construire de nouveaux logements pour tenter de répondre au mieux à une demande qui explose.

En 1995, l’immeuble HMS (route de Gembloux) voit le jour, suivi deux ans plus tard par les 25 maisons de la cité de Broux à Vedrin. Cette cité est d’ailleurs très représentative de la philosophie imposée par Bernard Anselme. Sur les 25 logements disponibles, 12 seront totalement adaptés aux personnes à mobilité réduite, permettant ainsi d’accueillir des locataires présentant un handicap parfois lourd. Le projet sera sous la supervision de l’asbl « Aide à la Vie Journalière« . Le projet, unique à l’époque, a pour ambition de proposer un cadre de vie convivial où les valides et les moins valides peuvent se côtoyer.

Durant les années 2000, la Joie du Foyer acquiert de nouveaux ensembles immobiliers comme les anciennes écoles de Wépion, l’ancienne Maison Communale de Daussoulx ou encore une partie désaffectée de l’école St-Berthuin de Malonne. Le plateau de Bricgniot, une réserve foncière importante de la société, accueille ses 25 premières maisons en 2003. Des constructions qui répondent parfaitement à la volonté d’intégration du logement public dans des quartiers existants. Une intégration urbanistique qui veut montrer le chemin de la mixité sociale.

La SWL entame, à cette époque, une rationalisation des sociétés de logements, encore trop nombreuses. La Joie du Foyer cède donc ses 162 logements situés sur la commune de Spy au Foyer Taminois. En échange, la petite société de logements « Les Bocages » d’Eghezée est intégrée dans le patrimoine de la société, tout comme ses 100 maisons au coeur même du village.

Bernard Anselme achèvera sa présidence sur le terrible incendie de Saint-Berthuin. Dans la nuit du 13 au 14 janvier, deux ailes de l’ancienne école sont totalement ravagées par les flammes. Au petit matin, il ne reste que les murs extérieurs pour témoigner de la présence du bâtiment. Un coup dur puisqu’il faudra attendre le terme d’une interminable bataille juridique et la reconstruction complète des bâtiments pour voir, enfin, des locataires s’installer sur le site.

L’ancien Bourgmestre de Namur est remplacé, en 2006, par Jean-Marc Toussaint. Il terminera le superbe chantier de rénovation de l’ancienne Maison Communale de Daussoulx. Des travaux d’orfèvre pour un bâtiment dont le cachet est resté intact malgré sa reconversion.

Les défis du XXIème siècle

Frédéric Laloux

Frédéric Laloux a piloté la Joie du Foyer durant près de 10 ans.

Depuis 2007, Frédéric Laloux est le Président du Conseil d’administration. Les défis qu’il doit relever sont nombreux et variés : il faut à la fois mettre en oeuvre les évolutions législatives touchant au cadre de fonctionnement de la société, mais également tenter de répondre à une demande en logements qui n’a jamais été aussi forte. Jouer sur les deux tableaux demande une énergie et un engagement sans limite.

Au début de sa présidence, Frédéric Laloux finalise de nombreux projets initiés par ses prédécesseurs. C’est le cas des écoles de Wépion, d’abord, puis de la première phase de la réhabilitation du site de Saint-Berthuin, ensuite. Les autres phases de ce projet suivront plus tard; l’incendie ne permet pas la rénovation de certaines parties du bâtiment qu’il faut dès lors abattre puis reconstruire. Mais il initie également de nombreux nouveaux projets, comme la construction de 34 logements à Eghezée, ou les 8 premiers sur la commune de La Bruyère. En parallèle, il entame une réflexion sur la construction d’un nouveau siège social, plus adapté aux réalités d’aujourd’hui.

A côté de la construction, il insiste, comme d’autres avant lui, sur l’importance de la rénovation du patrimoine existant. Une rénovation qui touche, notamment, aux normes d’isolation thermique des logements, permettant aux ménages d’économiser sur les frais d’énergie en pleine augmentation. La sécurité est également une donnée important, par exemple en termes de systèmes électrique ou de chauffage.

Frédéric Laloux permet enfin la vente de 8 logements ces dernières années. Une vente attribuée en priorité à des locataires de logements publics et à des prix nettement inférieurs au marché immobilier réel, permettant ainsi à des ménages d’acquérir leur propre toit.

Tant le Président que le Conseil d’administration et les équipes administratives et techniques de la Joie du Foyer sont fiers des valeurs humanistes et sociales héritées de leurs prédécesseurs. Ils poursuivent avec passion et détermination la philosophie des pères fondateurs de la Joie du Foyer en lui assurant la modernité nécessaire à la réalisation de ses objectifs et à sa pérennité.

Jean-Marc Toussaint

Le Bruyèrois Jean-Marc Toussaint a été élu Président par le Conseil d’administration le 24 juin 2016.

Depuis mi-2016, le Conseil d’administration a choisi de confier à nouveau les rennes de la présidence à Jean-Marc Toussaint. Ce Bruyèrois connait très bien la Joie du Foyer, puisqu’il y est administrateur depuis de nombreuses années. Ancien président, chargé de faire le lien entre la présidence de Bernard Anselme et celle de Frédéric Laloux, son expertise et son expérience lui permettent aujourd’hui d’assumer pleinement cette charge importante dans un monde et un secteur qui évoluent en permanence.

Comme toujours, il ne manque pas de chantiers en tous genres. Malgré des contraintes budgétaires de plus en plus complexes, le secteur continue et continuera à investir pour améliorer et garantir l’accès à un logement adapté pour tous. Ainsi, la commune de La Bruyère, partenaire de la Joie du Foyer, accueillera prochainement ses premiers logements publics gérés par notre société. Un défi d’intégration en milieu rural qu’il compte mener avec l’énergie, la ténacité et la volonté qui le caractérisent.

Il remet également sur les rails d’autres projets d’extension du patrimoine, comme le lancement imminent de la phase d’exécution du projet wallon de « Quartiers en transition ». Mais outre la construction de nouveaux logements, il porte une attention toute particulière à la rénovation énergétique des logements existants. L’amélioration des performances énergétiques des bâtiments (immeubles ou maisons unifamiliales) est une nécessité, à la fois pour la préservation de notre environnement, mais aussi pour le portefeuille des ménages qui nous font confiance.

En interne, il continue à encourager les initiatives et les comportements professionnels qui garantissent la gestion pérenne de la société. Attaché à un service public de grande qualité, il veille avec attention à ce que la Joie du Foyer maintienne ce cap d’excellence, tant dans la gestion de ses dossiers que dans la qualité de ses rapports avec les principaux bénéficiaires de ses services.